Édouard Durand : portrait d’un juge engagé pour les droits des enfants

1 janvier 2026

découvrez le portrait d'édouard durand, un juge passionné et engagé dans la défense des droits des enfants, œuvrant pour leur protection et leur bien-être.
A retenir
  1. Édouard Durand, magistrat depuis plus de vingt ans, juge des enfants engagé pour les droits des mineurs, spécialiste des violences sexuelles et défenseur de l'écoute systématique de la parole enfantine.
  2. Coprésident (2021‑2023) de la Ciivise, il a contribué au recueil massif de témoignages, à la sensibilisation du public et à l'inspiration de réformes législatives sur l'inceste et violences sexuelles.
  3. Auteur de "Défendre les enfants" et du manifeste "160 000 enfants", il alerte sur ~160 000 victimes annuelles et le classement sans suite d'environ 70% des plaintes, plaidant pour des lois plus protectrices.

Figure majeure de la protection de l’enfance en France, Édouard Durand s’est imposé comme l’un des magistrats les plus engagés pour les droits des enfants. Juge des enfants, auteur et infatigable pédagogue, il rappelle sans relâche qu’« une société se juge à la manière dont elle traite ses plus jeunes ». Son travail au tribunal, dans les médias et au sein de commissions officielles a contribué à rendre visibles des violences longtemps occultées. À travers son parcours se dessine une conviction centrale : écouter les enfants, c’est déjà commencer à les défendre.

Édouard Durand, un magistrat au service des droits des enfants

Le visage d’Édouard Durand est devenu familier bien au-delà des palais de justice. Magistrat depuis plus de vingt ans, il a fait du droit des enfants son terrain d’action privilégié, en particulier face aux violences sexuelles. Dans les tribunaux où il a exercé, il a vu des enfants protégés, d’autres brisés, certains même mourir, expérience qui a forgé une détermination sans faille.

Ce juge, parfois surnommé « l’ange gardien des petits », refuse de rester spectateur. Pour lui, chaque dossier est l’occasion de créer un espace où la parole enfantine peut enfin exister, loin du soupçon systématique. Ce positionnement explique pourquoi sa voix porte aujourd’hui dans le débat public, bien au-delà des cercles juridiques.

Une vocation façonnée par la lutte contre les violences sexuelles

Depuis plus de vingt ans, Édouard Durand concentre son action sur les violences sexuelles faites aux mineurs. Il rappelle régulièrement un chiffre glaçant : environ 160 000 enfants seraient victimes de ces violences chaque année en France. Pourtant, près de 70 % des plaintes sont classées sans suite et une minorité de pédocriminels est effectivement condamnée.

Ce décalage entre la réalité des agressions et la réponse judiciaire nourrit son engagement. À ses yeux, ce n’est pas seulement un problème de procédure, mais le signe d’un « déni social » structuré, qui préfère détourner le regard plutôt que d’affronter la violence. C’est précisément ce refus du déni qui guide son travail quotidien de juge.

Les combats d’Édouard Durand pour une justice plus protectrice

L’engagement d’Édouard Durand se traduit aussi par des prises de position fortes en faveur d’une évolution du droit. Il ne se contente pas d’appliquer la loi : il plaide pour qu’elle soit plus cohérente avec la réalité des violences subies par les enfants, du cadre familial aux institutions.

Des lois-clés pour les droits des enfants

L’histoire récente de la protection de l’enfance montre une lente, mais réelle transformation. Édouard Durand rappelle souvent le tournant des années 1970, avec le passage de la « puissance paternelle » à l’« autorité parentale », qui marque un recul de la toute-puissance des parents au profit des droits de l’enfant.

Parmi les avancées récentes, il souligne l’importance de la loi du 21 avril 2021, portée au Sénat par Annick Billon. Cette loi fixe clairement qu’aucun adulte ne peut invoquer le consentement d’un mineur de moins de 15 ans en matière sexuelle. Plus récemment, une réforme de l’autorité parentale a prévu le retrait quasi automatique de cette autorité pour un parent condamné pour inceste, ce qui met fin à une situation jugée « absurde » par de nombreux acteurs de terrain.

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La Ciivise, un tournant majeur dans la parole des victimes

De 2021 à fin 2023, Édouard Durand copréside, aux côtés de Nathalie Mathieu, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise). Cette mission a amplifié sa notoriété, mais surtout offert une tribune à des milliers de victimes longtemps réduites au silence.

La Ciivise a structuré son rapport autour de questions fondamentales, comme : « Qu’est-ce qu’un enfant pour les humains ? ». Cette réflexion interroge la responsabilité collective d’une société qui, malgré les scandales, peine encore à se penser comme débitrice d’un devoir de protection envers les plus jeunes. Le travail de la commission a aussi contribué à inspirer des réformes législatives et à sensibiliser le grand public.

Un juge sur le terrain médiatique : livres, manifestes et prises de parole

Si Édouard Durand reste avant tout un magistrat de terrain, il investit également l’espace médiatique. À travers livres, manifestes et interventions, il cherche à faire comprendre, au-delà des chiffres, ce que signifie concrètement vivre des violences dans l’enfance.

« Défendre les enfants » et « 160 000 enfants » : des textes pour briser le déni

Son ouvrage « Défendre les enfants », publié notamment aux éditions Le Seuil, plonge au cœur du quotidien d’un juge des enfants. Il y décrit des audiences, des drames, mais aussi des rétablissements possibles, en insistant sur la responsabilité de chaque adulte – magistrat, enseignant, parent – dans la protection des plus vulnérables.

Avec son manifeste « 160 000 enfants. Violences sexuelles et déni social », publié chez Gallimard, il choisit une forme plus percutante. Les chiffres y sont présentés comme un électrochoc : un rappel que, derrière chaque statistique, se trouve un enfant réel, souvent enfermé dans le silence. Ce texte a été brandi, par exemple, sur la plage de Cannes lors d’un événement autour du court-métrage « Moi aussi » de Judith Godrèche, illustrant la jonction entre monde judiciaire, création artistique et mobilisation citoyenne.

Un allié de la libération de la parole

Judith Godrèche, mais aussi d’autres personnalités publiques, ont mis leur notoriété au service des victimes de violences sexuelles. Édouard Durand voit dans ces prises de parole un acte de « grande générosité », permettant à celles et ceux que l’on n’écoute jamais d’être enfin entendus.

Cette dynamique s’illustre bien avec le livre « La Familia grande » de Camille Kouchner, dont la publication a contribué à déclencher la création de la Ciivise par le président Emmanuel Macron. L’itinéraire d’Édouard Durand croise ainsi celui de ces voix publiques, formant un réseau d’alliés au service d’un même objectif : sortir la parole des victimes de la marge.

Un fil rouge : ne plus rester spectateur face aux violences faites aux enfants

Au centre de la démarche d’Édouard Durand se trouve un refus net : celui de contempler la violence à distance. Pour illustrer ce principe, imaginons le parcours de « Léo », 10 ans, entendu au tribunal après avoir révélé des violences intrafamiliales. Dans un système indifférent, sa parole serait vite étouffée ; dans un cadre inspiré par l’approche de ce juge, elle devient le point de départ d’une protection concrète.

Créer un espace où le langage redevient possible

Pour des enfants comme Léo, l’enjeu n’est pas seulement juridique, il est aussi symbolique : être cru, regardé comme une personne à part entière. Édouard Durand insiste sur la nécessité de bâtir des audiences adaptées, où les questions ne blessent pas davantage et où les mots de l’enfant ne sont pas retournés contre lui.

L’affaire d’Outreau, qu’il qualifie d’« échec collectif majeur », reste un repère douloureux. Des enfants violés y avaient été, au final, mis au banc des accusés. Cette catastrophe judiciaire rappelle qu’une justice mal préparée peut devenir, pour les victimes, un second lieu de violence. Sa démarche vise précisément à éviter que de telles dérives se reproduisent.

Points clés de l’engagement d’Édouard Durand

Pour mieux saisir l’ampleur de ce parcours, quelques repères permettent de visualiser l’évolution de son action et de la société française face aux violences faites aux enfants.

Période / Date Événement ou rôle d’Édouard Durand Impact sur les droits des enfants
Années 2000 Début de carrière de magistrat spécialisé dans la protection de l’enfance Construction d’une pratique centrée sur l’écoute de la parole enfantine
2010–2020 Juge des enfants dans plusieurs tribunaux, prise de position sur les violences sexuelles Visibilisation du décalage entre violences subies et condamnations effectives
2021 Coprésidence de la Ciivise avec Nathalie Mathieu Recueil massif de témoignages, recommandations structurantes pour la politique publique
2021–2024 Publication de « Défendre les enfants » et du manifeste « 160 000 enfants » Prise de conscience élargie du « déni social » autour des violences sexuelles sur mineurs
Depuis 2024 Nouveau poste de juge des enfants, interventions médiatiques et institutionnelles Articulation renforcée entre pratique judiciaire, réforme de la loi et pédagogie grand public

Pour résumer les axes majeurs de son action, plusieurs dimensions se combinent, chacune répondant à un besoin concret des enfants et des familles.

  • Action judiciaire directe : décisions de placement, ordonnances de protection, suivi des situations familiales complexes.
  • Réforme du cadre légal : soutien et argumentation pour des lois plus protectrices (âge du consentement, autorité parentale en cas d’inceste).
  • Lutte contre le déni social : dénonciation publique de l’écart entre les plaintes et les condamnations.
  • Soutien à la parole des victimes : valorisation des témoignages d’enfants et d’adultes victimes, travail en lien avec des figures publiques engagées.
  • Pédagogie auprès du grand public : livres, médias, conférences pour aider chacun à reconnaître les violences et à réagir.

À travers ces différents leviers, l’itinéraire d’Édouard Durand montre qu’un juge des enfants peut être bien plus qu’un simple arbitre : un véritable acteur de transformation sociale, au service de celles et ceux qui, longtemps, n’avaient pas de voix dans l’espace public.

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Romane Blanchard

Passionnée par le bien-être et la santé au naturel, je suis Naturopathe avec 49 ans d'expérience de vie. Mon approche personnalisée vise à accompagner chacun vers un équilibre harmonieux, en mettant l'accent sur une alimentation saine, des techniques de relaxation et des remèdes naturels. Ensemble, cultivons votre vitalité !