A retenir
- Fin septembre 2026, l’encours des crédits aux sociétés non financières atteint 1 436 milliards d’euros (+3,6% sur un an), hausse portée surtout par les grandes entreprises (+6,1%; PME +2,2%, ETI +0,8%).
- En août, le taux moyen des nouveaux prêts: grandes entreprises 3,40%, PME 3,71%, ETI 3,74%; le taux nominal n’inclut pas frais, garanties ou cautions, qui augmentent le coût réel.
- Au T3, 96% des PME demandant un crédit d’investissement obtiennent tout ou au moins 75% du montant, mais seules 19% l’ont demandé; 21% des TPE/PME signalent des difficultés de trésorerie.
À retenir : la hausse de 3,6 % des crédits aux entreprises ne signifie pas que toutes les PME obtiennent plus facilement un prêt. Les grandes entreprises empruntent davantage et à un taux moyen plus bas, tandis que les difficultés de trésorerie restent présentes pour les petites structures.
Crédit aux entreprises : une hausse portée par les grandes sociétés
Fin septembre 2026, l’encours des crédits aux sociétés non financières atteint 1 436 milliards d’euros, en hausse de 3,6 % sur un an, selon la Banque de France. Ce rythme ralentit légèrement par rapport au mois précédent, où il s’établissait à 3,8 %. Les entreprises contribuent ainsi à la progression du crédit au secteur privé, qui augmente de 2,4 %, alors que les prêts aux ménages ne progressent que de 0,8 %.
Ce chiffre mesure un stock de dettes bancaires, constitué de prêts accordés à des entreprises de toutes tailles. Il ne précise pas quelles sociétés empruntent, quelles conditions leur sont proposées ni combien de demandes n’aboutissent pas. Une hausse nationale peut donc coexister avec un accès plus difficile pour certaines PME.
Les encours progressent à des rythmes différents
Les données par taille d’entreprise éclairent cette différence. À fin août, les crédits aux grandes entreprises progressent de 6,1 % sur un an. La hausse atteint 2,2 % pour les PME et 0,8 % pour les entreprises de taille intermédiaire, ou ETI.
Les PME représentent environ 550 milliards d’euros d’encours, mais leur progression reste nettement inférieure à celle des grandes structures. La hausse générale du crédit reflète donc d’abord le dynamisme des groupes capables de solliciter des montants élevés. Pour lire les chiffres, la catégorie de l’entreprise compte autant que la tendance nationale.
Financement des PME : des taux qui varient selon la taille
Le coût des nouveaux prêts confirme l’écart. En août, le taux moyen atteint 3,40 % pour les grandes entreprises, contre 3,71 % pour les PME et 3,74 % pour les ETI, d’après les chiffres de la Banque de France. Les sociétés qui empruntent le plus bénéficient donc, en moyenne, de conditions tarifaires plus favorables.
Ces moyennes ne préjugent pas du taux proposé à une entreprise précise. La durée du prêt, le niveau d’endettement, la rentabilité, les garanties et la qualité du dossier peuvent modifier le tarif. Une PME rentable, avec des comptes suivis et un projet chiffré, n’aura pas forcément les mêmes conditions qu’une entreprise fragilisée par des retards de paiement.
Le taux affiché ne donne pas le coût complet
Une offre de prêt peut inclure des frais de dossier, une garantie ou une caution personnelle. Le dirigeant doit donc comparer le coût total, et pas seulement le taux nominal. Par exemple, une entreprise qui finance une machine sur plusieurs années doit intégrer les frais liés au crédit dans le calcul du rendement attendu de cet équipement.
Les garanties méritent une attention particulière. Un nantissement porte sur un actif de l’entreprise, tandis qu’une caution personnelle peut exposer le patrimoine du dirigeant si l’activité ne permet plus de rembourser. La comparaison des offres bancaires doit porter à la fois sur le prix, les échéances et les engagements exigés.
Comparer les offres revient donc à examiner les obligations attachées au prêt, pas uniquement le taux annoncé.
Accès au crédit des PME : un taux d’obtention à interpréter
Au troisième trimestre, 96 % des PME ayant demandé un crédit d’investissement obtiennent la totalité du montant souhaité ou au moins les trois quarts. Ce résultat, publié par la Banque de France, indique que les demandes présentées aboutissent souvent. Il ne signifie pas que toutes les PME qui auraient besoin d’un prêt en déposent une demande.
Seules 19 % des PME ont sollicité un nouveau crédit d’investissement durant le trimestre, contre 26 % des ETI. Certaines entreprises peuvent différer leur projet, anticiper un refus ou juger les conditions trop coûteuses. Elles n’apparaissent alors pas dans le taux d’obtention. Le chiffre décrit les dossiers déposés, pas l’ensemble des besoins de financement.
La trésorerie reste un point de tension
Le financement de l’investissement ne se confond pas avec celui des dépenses courantes. Une machine peut être financée par un prêt de moyen ou long terme, tandis que les salaires, les fournisseurs et les délais de paiement pèsent sur la trésorerie à court terme.
Au troisième trimestre, 21 % des dirigeants de TPE et PME déclarent des difficultés à financer leur trésorerie, au dessus de la moyenne de 18 % observée entre 2018 et 2025. Par ailleurs, 17 % rencontrent des difficultés pour financer leurs investissements, et 31 % jugent leur trésorerie difficile, selon le baromètre de Bpifrance Le Lab et Rexecode.
Une entreprise peut ainsi obtenir un prêt pour renouveler son matériel tout en peinant à absorber plusieurs mois de factures réglées tardivement. La nature du besoin détermine le bon outil de financement.
Crédit aux entreprises : distinguer les indicateurs utiles
Pour évaluer sa situation, une PME gagne à séparer les données qui mesurent des réalités différentes. L’encours national renseigne sur le volume global de dette, tandis que le taux moyen des nouveaux prêts concerne le prix du financement. Aucun de ces indicateurs ne révèle seul le niveau des demandes refusées ou des projets abandonnés avant même leur dépôt.
| Indicateur | Ce qu’il mesure | Ce qu’il ne révèle pas |
|---|---|---|
| Encours national | Le stock total de crédits, soit 1 436 milliards d’euros fin septembre | La répartition précise des prêts et les refus |
| Taux des nouveaux crédits | Le coût moyen selon la taille de l’entreprise | Le coût complet avec garanties et frais |
| Taux d’obtention | La part des demandes qui obtiennent un financement suffisant | Les entreprises qui renoncent à demander |
| Difficultés de trésorerie | La perception des dirigeants sur leurs liquidités | La situation détaillée de chaque entreprise |
Un encours en hausse et une sélection bancaire plus stricte pour certaines petites structures ne sont pas contradictoires. Le premier chiffre décrit une somme totale, tandis que les conditions vécues par une PME dépendent de son activité, de son bilan et du type de prêt recherché.
Les indicateurs sont plus utiles lorsqu’ils sont lus ensemble et rapportés à la situation réelle de l’entreprise.
Comment préparer un financement adapté à une PME
Avant de solliciter une banque, le dirigeant peut préciser le montant, l’usage et le calendrier du besoin. Un dossier lisible comprend généralement des prévisions de trésorerie, des comptes récents, une estimation des échéances et des éléments justifiant la rentabilité du projet. Pour un investissement, les devis et le gain attendu aident à établir la capacité de remboursement.
Quatre réflexes pour comparer les solutions
- Se comparer aux PME : le taux moyen de 3,71 % en août fournit un repère plus pertinent que la moyenne globale, sans remplacer une offre personnalisée.
- Séparer investissement et trésorerie : négocier une ligne de trésorerie en même temps que le prêt d’équipement permet d’éviter une recherche urgente quelques mois plus tard.
- Calculer le coût complet : intégrer les frais, les garanties et les cautions dans le budget permet de vérifier la rentabilité réelle du financement.
- Multiplier les échanges : consulter plusieurs banques et envisager le crédit bail, les prêts de Bpifrance ou le financement participatif réduit la dépendance à un seul prêteur.
En cas de refus, le dirigeant peut demander les motifs précis et revoir les éléments du dossier. La Médiation du crédit, dispositif porté par la Banque de France, peut accompagner les entreprises confrontées à des difficultés de financement avec leurs établissements bancaires.
Les chiffres disponibles pour 2026 restent susceptibles d’être révisés. Pour décider d’investir, le repère le plus utile demeure le financement réellement accessible à l’entreprise, à son prix complet et avec des échéances compatibles avec son activité.