A retenir
- La répartie sert à exprimer un désaccord, poser une limite ou faire taire une remarque déplacée sans rompre la relation ; c'est une compétence qui se travaille, selon Michèle Ruffault.
- Clarifier (ex.: « C’est-à-dire ? »), nommer la blessure et préparer des répliques permettent de ralentir l’échange, choisir une réponse et éviter l'attaque ou la justification excessive.
- Les managers doivent intervenir lors de propos inacceptables pour rappeler le respect ; la culture d'équipe influence la parole, et des formations (ex. HEC Alumni) permettent de s'exercer.
À retenir : Michèle Ruffault défend une répartie qui permet d’exprimer un désaccord sans attaquer l’autre. La clarification, la préparation de réponses et la capacité à nommer une blessure aident à préserver le dialogue au travail.
Michèle Ruffault et la répartie au travail
Pour Michèle Ruffault, savoir répondre ne consiste pas à trouver la formule la plus mordante. La répartie sert plutôt à exprimer un désaccord, à poser une limite ou à faire cesser une remarque déplacée sans rompre la relation. Cette approche vise autant les échanges entre collègues que les discussions avec un responsable.
Fondatrice de Muscle ta répartie, elle est passée du silence subi à la transmission de techniques pour prendre la parole. Son parcours rappelle que le réflexe de répondre n’est pas réservé aux personnes spontanées : il se travaille, comme une habitude professionnelle.
Comprendre le blocage face à une remarque déstabilisante
Une remarque inattendue peut provoquer plusieurs réactions à la fois : honte, colère et peur. La personne visée peut se sentir humiliée devant l’équipe, en vouloir à l’auteur de la phrase, puis regretter de ne pas avoir répondu. Sous l’effet de ces émotions, le silence paraît parfois plus sûr qu’une réponse improvisée.
La colère, elle, peut pousser à rendre l’attaque. Cela soulage brièvement, mais risque de déplacer la discussion vers un échange agressif. Dans une réunion, par exemple, une remarque sur la compétence d’une collègue peut susciter une réplique blessante et détourner l’attention du problème initial. Identifier ce qui se passe aide à choisir une réponse plutôt qu’à réagir automatiquement.
Clarifier pour répondre sans agresser
La clarification est une technique accessible : demander à l’autre d’expliquer ses mots. « Qu’est-ce que tu veux dire par là ? », « Qu’est-ce qui te fait dire ça ? » ou un simple « C’est-à-dire ? » invite à préciser la remarque. La question ralentit l’échange et donne à la personne visée quelques secondes pour reprendre ses esprits.
Cette méthode ne garantit pas que l’interlocuteur reconnaîtra un problème. Elle permet néanmoins de rendre explicite une phrase qui se cachait derrière l’humour ou une généralisation. Lorsqu’une collègue entend qu’elle est « trop émotive » après avoir signalé un problème, demander ce que cette expression signifie peut déplacer la conversation vers des faits observables.
Préparer des réponses et éviter les réflexes risqués
Selon Michèle Ruffault, les situations déstabilisantes se ressemblent souvent. Préparer quelques réponses à l’avance permet donc de ne pas dépendre entièrement de l’inspiration du moment. L’entraînement laisse aussi le choix entre plusieurs formulations, selon le caractère de chacun et le degré de tension.
Deux réflexes méritent d’être repérés : attaquer en retour et se justifier longuement. La première option peut entraîner une escalade, tandis que la seconde fournit parfois de nouveaux arguments à la personne qui critique. Un échange d’idées organisé chaque vendredi sur LinkedIn illustre la difficulté : proposer une réplique ferme est différent de transformer la réponse en attaque personnelle.
| Situation | Réponse possible |
|---|---|
| Une remarque reste ambiguë | « C’est-à-dire ? » |
| Un désaccord est exprimé sur un ton brusque | « Quel point précis souhaites-tu discuter ? » |
| Une phrase a blessé | « Je veux revenir sur ce que tu as dit, cela m’a blessée. » |
| Une limite est franchie en réunion | « Stop, cette manière de parler n’est pas acceptable. » |
Le rôle des managers dans les échanges tendus
Les responsables d’équipe sont eux aussi confrontés à des remarques maladroites et à des désaccords. Leur réaction compte particulièrement lorsqu’une limite est franchie devant des collègues. Intervenir au moment des faits peut rappeler les règles de respect et éviter que le silence soit pris pour une approbation.
La culture de l’organisation influence la manière dont les personnes prennent la parole. Certaines équipes privilégient l’évitement, tandis que d’autres tolèrent des échanges abrupts. Des formations ou des ateliers, comme ceux proposés avec HEC Alumni, peuvent offrir des occasions de s’exercer à répondre dans un cadre préparé. Le point de départ reste concret : repérer les situations récurrentes, tester des formulations et revenir vers une personne après coup si ses mots ont blessé.